Blood Diamond
Un film américain de Edward Zwick avec Leonardo DiCaprio, Djimon Hounsou, Jennifer Connelly
Genre : Aventure - Durée : 2H22 mn
Sortie le
31 Janvier 2007
Véritable institution matrimoniale, et sacre d'une beauté hors de prix, le Diamant est avant tout un symbole de richesse.
Symbole aux origines parfois contrariées et contrariantes, en Sierra Leone, ces joyaux étincelants s'offrent une tout autre connotation.
Edward Zwick (Alias Monsieur "Légendes d'automne" et "Le Dernier Samouraï"), évoque ainsi les "Diamants de la guerre", au véritable cœur de son dernier long métrage, "Blood Diamond", soulignant de fait que "Les "diamants de la guerre" sont des pierres précieuses, exportées en secret de pays en conflit. Ils servent à acheter des armes, qui provoqueront encore plus de morts et de destructions. Bien qu'ils ne représentent qu'une infime partie des ventes mondiales de joyaux, ils permettent d'acquérir quantité d'armes légères. À la fin des années 1990, des ONG comme Amnesty International, Global Witness et Partnership Africa-Canada leur ont donné un nom : "blood diamonds". Je n'avais encore qu'une vague idée de leur rôle lorsque Paula Weinstein m'adressa ce scénario. Plus j'en ai appris à leur sujet, plus j'ai été horrifié, et plus j'ai été décidé à raconter cette histoire."
Et c'est sur ce sujet prêt à controverse, que la dernière réalisation de Zwick s'offre la panoplie - laissant de côté quelque peut le pamphlet dénonciateur faussement attendu - du parfait film d'aventure hollywoodien, s'offrant dès lors les services du célébrissime Leonardo Dicaprio, en manque de véritables rôles depuis sa consécration (Indument imméritée) de Titanic, en 1997, et s’accueillant, pour marquer le coup, à dérouler la caméra sur les sublimes paysages ornant les terres du Mozambique et de l’Afrique du Sud.
Et si on regrettera, parfois, la survolée nuisible des thèmes servant ici de lointain background, Blood Diamond marque d'une belle pierre la liste des films d'aventure d'Hollywood, s'inscrivant très fortement dans le (très) haut du panier.
Synopsis : En prison pour trafics douteux, le fougueux Archer rencontre Solomon Vandy, un pêcheur limitrophe, dont la famille lui a été arrachée, afin de le pressuriser, l’obligeant à travailler au sein des mines diamantifères, et qui avait trouvé durant son esclavagisme appuyé un diamant rose extrêmement rare.
Accompagné par une journaliste idéaliste engagée, Maddy Bowen, les deux hommes s’embarquent dès lors pour un dangereux voyage en territoire rebelle pour récupérer l’étrange caillou, à travers un périple à deux visages : Celui d’un homme pour sauver sa famille, et celui d’un autre pour son propre salut.
Avis : Véritable e-mail interactif, le très engagé Edward Zwick s’est attiré une réputation à double tranchant, allant d’une part à une répulsion extrême de certains critiques pour ses pavés souvent indigestes (Le Dernier Samouraï pour ne citer que celui-ci), et d’autre part d’un confinement de qualité, propulsant régulièrement ses acteurs à la cérémonie des oscars. Dans l’un ou dans l’autre, on ne pouvait qu’appréhender impatiemment cette nouvelle production dont le thème à double visages – Les enfants soldats et l’achat douteux d’armes pour fermenter la guerre civile – s’inscrivait comme étant particulièrement en vogue.
A cela s’ajoutait la crainte, évidente, de voir un nouveau Jack Dawson sur grand écran, interprété niaisement par un Leonard Dicaprio surévalué.
S’intéressant ainsi, par voie de conséquence, aux jeux bruyants des acteurs beaux et musclés, force est de constater dans un tout premier temps, que définitivement loin de Martin Scorsese et des frasques crédules et profondément nullissimes d’une tignasse blonde fatigante, Leonard Dicaprio s’offre son premier véritable rôle d’adulte, au-delà des tentatives douteuses des Infiltrés. Convaincant, imaginatif et musclé (Il est bon de le rappeler, mesdames), l’homme se durcie, et montre qu’il est capable du meilleur (Comme du pire, au vu de sa filmographie précédente).
Meilleur encore, et malgré une position de second plan parfois trop appuyée, on reconnaîtra la crédibilité et la performance, essentielles, de Djimon Hounsou. Seule véritable tâche dans ce tableau rougeâtre, Jennifer Connelly en rôle de potiche périmée et cinglante journaliste, ne viendra que lasser légèrement le spectateur, entre deux scènes d’actions bien senties.
Coté scénario, justement, celui-ci va une nouvelle fois créer un véritable partage bien senti entre les réfractaires et les adorateurs du réalisateur. Et si le fait s’appuie sur des faits vraisemblablement réels, des problématiques toujours en cours d’actualisation, la véritable force de « Blood Diamond » transparaît à travers son mode de communication.
Loin des aléas habituels de l’électrochoc banalisé que l’on pouvait attendre, le réalisateur s’offre la permission de déceler habilement et finement des scènes d’actions corsées et intégralement justifiées, distillées entre deux passages idéologiques sur paysages de qualités, aux tons sublimement orangés.
Le script soigné et les dialogues justes viendront soulever encore le ton – haletant – de l’œuvre finale.
L’image du film, sa photographie globale, et la qualité des scènes d’actions sont tout bonnement spectaculaires, et l’œuvre acquiert toute sa splendeur sur écran géant, le tout soutenu par une bande son tantôt épique, tantôt accélérée.
Et si on pourra tiquer, néanmoins, sur un humour parfois douteux, deux trois plans maladroits, et un chemin final mélodramatique sommes toutes relativement prévisible, on ne pourrait que se complaire, une fois prévenu, du déluge visuel, du formidable voyage et de l’intelligence sans cesse renouvelée de la mise en scène, accrocheuse, et à juste titre ambitieuse.
Mêlant habilement point de vue occidental et africain sur le thème sensible des diamants de sang, Edward Zwick décroche parfois, mais vise souvent juste.
Souvent conventionnel, mais souvent percutant, le film est un des représentants les plus marquants du cinéma purement hollywoodien.
Portée sans cesse par une prestation nouvelle – et géniale – de Leonard Dicaprio, le film s’offre à tour de bras des scènes d’actions superbes, un tempo remarquable, Blood Diamond est le précurseur même de l’effet kisskool, offrant au spectateur une complaisance nécessaire, entre un documentaire au background neuf, et le plus pur cinéma pop-corn de haute volée.
Intérêt global du film : 3,75/5