Resident Evil 3 : Extinction
Un film américain de Russell Mulcahy avec Milla Jovovich, Mike Epps, Ali Larter
Genre : Action/Fantastique - Durée : 1H30 mn
Sortie le
03 Octobre 2007
Optons le, les différentes adaptations cinématographiques ayant pour base une célèbre série de jeux vidéo ne sont très souvent pas synonymes de qualité. Perdu entre les exécrables « House of The Dead » et « Alone In The Dark », les moyens « Mortal Kombat » et autres « Doom », ou encore les plutôt bons « Silent Hill » et « Final Fantasy VII : Advent Children », le genre ne cessait de réclamer davantage d’errata que de perles à parts entières.
C’est ainsi qu’après un premier film passable, à défaut d’être réussi, et un second abominable et tristement irrespectueux de l’œuvre originale, on n’attendait plus (Ou l’on refusait d’attendre), les suites des aventures de la belle – et décidemment sacrément souple – Milla Jovovich, au cœur de l’univers zombiesque, au sein de la Saga « Resident Evil », de la branche du très prolifique Capcom.
Saga qui, portée sur grand écran dès 2002, supportait en elle un rêve de fans des opus consoleux, croisant les doigts, et fermant parfois abusivement les yeux.
« Extinction » est donc ainsi désigné comme la troisième adaptation sur grand écran de l’un des plus célèbres « survival horror » de l’univers du jeu vidéo. Bouclant la trilogie entamée par Paul Anderson (Dans cet opus – et pour notre plus grand respect de nous conserver en vie – seulement scénariste), le dernier né de Russel Mulcahy (Réalisateur du phare « Highlander ») fait fi des habitudes, et au-delà de l’ambiance claustrophobe du premier volet et des nuits assombries du second, sous couvert d’une fausse originalité, laissera dérouler sa pellicule en plein jour, s’offrant enfin les moyens de Eugenio Caballero, directeur artistique récompensé d’un Oscar pour son travail sur Le Labyrinthe de Pan pour recréer tant bien que mal un Las Vegas apocalyptique désertique, sur fond de Mad Max déchainé.
Et si Resident Evil : Extinction ne sauvera pas la saga cinématographique pour son hymne permanent à l’incompétence aberrante dont fait preuve le pot-pourri réalisateur/acteur/scénariste – et tout ce qui touche de prêt ou de loin le film – on en ressortirait rapidement, un (très) léger « ouf » en tête, vis-à-vis de la mémoire, marquée, du navet stupéfiant formulé par le second opus.
Synopsis : Un virus expérimental mis au point par l’organisme de la Umbrella Corporation a contaminé l’entièreté de l’humanité, laissant derrière elle un monde de zombies assoiffés de sang et de chair humaine. Fuyant les villes, les derniers survivants, menés par Claire Redfield, ont pris le bord d’un convoi armé, en errant dans le but de retrouver d’autres humains non infectés. C’est alors que leur chemin va croiser celui d’Alice, jeune femme au destin tragique et à la génétique manipulée autrefois par Umbrella, lui ayant apporté des capacités surhumaines.
Gagner l’Alaska, dernier refuge au sein d’une terre présumée préservée, tel est le combat qu’Alice et ses compagnons d’infortune devront livrer pour survivre.
Avis : Pour dévoiler l’indévoilable, il m’a été particulièrement difficile de faire un choix dans la directive à donner à cette critique. Après tout, c’est un fait indéniable, ce nouvel opus de Resident Evil est une catastrophe, comme rarement il en a été vu dans le courant si particulier de cette année 2007. Néanmoins, et c’est remarquable, on se pose tout de même un cran nettement au dessus de son prédécesseur, champion en titre du navet desséché en ces longues soirées d’Hiver.
Partant dès lors d’un bon fond relationnel, à savoir l’argent, les dollars et les effets défilent rapidement à l’écran. Mauvaise nouvelle pour le spectateur subissant, notamment lorsque la qualité de ceux-ci sont déplorables. On y reconnaîtra tant bien que mal une référence – déjà obsolète – aux oiseaux via une poignée de corbeaux récalcitrants mangeurs d’homme, ou encore un nouveau Némésis en carton pate, cette fois-ci campé par l’abominablement risible Tyran. L’inspiration profondément Max Maxienne, comme un hommage bafoué, ne viendra pas extirper les invraisemblances consécutives, dont la plus spectaculaire réside dans la prouesse de force mathématique suivante : L’enfermement d’une cinquantaine de zombie dans un conteneur de 4m². Ces derniers, décidemment tenaces dans cet épisode, font en revanche figure de crédibilité pour ce film qui au bord de la ligne de compression des séries Z, ne franchira finalement jamais ce à quoi il était prédestiné en souvenir du scénario précédent.
Coté acteur, ou ici actrice, on reprend la même, on habille différemment – ou presque – on refile deux, trois, habituels pouvoirs mystiques, et on lui fait rencontrer une bonne vingtaine de perdus apeurés et militaires soumis, afin de l’affubler au sein de son court (pour le terrain parcouru) et long (pour le spectateur) périple, d’une chair à canon exceptionnellement fragile. La présence d’Ali Larter (Heroes), au sein du casting, ne fera que confirmer son statut d’actrice au jeu, pour l’instant, patiemment limité. Mais qu’importe ce qui importe, la jeune femme tenant quasiment le second rôle, tant le piètre Oded Fehr ne pourra se contenir de s’effacer lui-même, avec un certain brio.
Si la bande son s’oublie aussi vite que le film lui-même – entre deux sponsoring agressif de Sony - , on regrettera notamment que les dialogues subissent le même sort, à tel point que l’on finirait par se demander si la grève des scénaristes qui sévit en cette fin d’année 2007 à Hollywood n’avait pas eu des répercussions, bien avant son officialisation.
On appréciera néanmoins certains efforts apportés à la notion d’adaptation, notamment par les différents clins d’œil qu’offre le réalisateur en cadeau de consolation. De la plante verte au Tyran, en passant par le zombie modifié, plus rapide et intelligent, les fanas de l’original pourront se délecter de retrouver des éléments de vibration parsemés.
De même, bien qu’il soit listé dans les réalisateurs les moins fréquentables, Russel Mulcahy étonne par une réalisation (très) globalement agréable, qui même si à mille lieue de la présentation agressif de la saga des « 28 », permet une lisibilité appréciable, notamment compte tenu du contexte post apocalyptique.
Enfin, en lot de survivance, la courte durée du film vous rendra légèrement le goût de la vie, tentant de dépêtrer tant bien que mal cet horrible goût amer qui traînait lourdement depuis le début de la séance.
Appuyé par un scénario minimaliste et des effets souvent en adéquation, le dernier opus de la trilogie Resident Evil, hyper clippé, épileptique et givré, se contente de recycler grossièrement les grands titres du cinéma. Véritable parodie à lui seul, on restera définitivement frustré devant le gâchis spectaculaire de Paul Anderson, indubitablement maudis de la génération jeu vidéo, en attendant tristement la suite, d’or et déjà annoncée.
Intérêt global du film : 1,25/5