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Un jour sur terre

Un film allemand/britannique de Alastair Fothergill, Mark Linfield avec Anggun (et des ours polaires [...])

Genre : Documentaire - Durée : 1H30 mn

Sortie le 10 Octobre 2007

Difficile de saisir réellement la place d’un film documentaire – rarement animalier – au rang des salles à grands écrans. Perdu entre les différents « Une vérité qui dérange », ou autre « Fahrenheit 9/11 », cette instrumentalisation permanente du genre semblait l’éloigner de la visée objective et faussement intimiste qui abonde dans l’univers de l’écran cathodique.
De loin, « Un Jour sur Terre », dernière péripétie du réalisateur phare de « Planète bleue », un précédent documentaire sur l’étendue intrinsèque de nos océans, Alastair Fothergill, semblait alors revenir aux premiers amours, à la découverte de notre petit bout de sol, qui décidemment ne cesse de développer une capacité formidable d’émerveillement.
Comme tout, la technique a grandement évoluée, et ce sont alors des moyens colossaux qui ont été mis en place : Saisir ce jour sur terre aura demandé un budget sans appel de 47 millions de dollars, des dizaines d’équipes de tournage sur 200 lieux différents, dans 21 pays, durant une durée, énorme, de 5 longues années.
Caméra Haute-Définition embarquée, main d’œuvre exorbitante, nouvelles techniques mise au point (Cf. Technologie de l’Heligimbal Cineflex, qui permet par exemple via un système de gyroscope de filmer avec une stabilité normalement impensable pour des scènes aériennes), et complaisant dans un confort plus qu’appréciable via des ressources impressionnantes, le réalisateur a voulu, bien plus qu’un simple catalogue d’images, « emmener les gens, leur faire découvrir les spectacles naturels époustouflants de notre planète, car peu auront la chance de voir tout cela de leurs propres yeux. Dans dix ans peut-être, dans vingt ans sûrement, on ne pourra plus saisir de telles images. Il y a donc dans ce film un message subtil mais puissant. Nous souhaitons encourager ceux qui verront Un Jour sur terre à faire quelque chose pour préserver notre si magnifique, mais si fragile planète. »
Une fois lancé, le film dévoile sa fascinante pellicule, à travers des images d’une beauté à couper le souffle, et une bande originale parfaitement adaptée, le tout, pour les spectateurs francophones, sur fond de la voix de la chanteuse Anggun et de son accent si caractéristique, pour narrer le périple quotidien de la vie terrienne.
Malgré cette mise en place superbement paramétrée, l’ombre d’une morale fatigante et désincarnée viendra empiéter sur cette fresque d’une journée sur terre, qui n’en demandait peut être pas tant.



Synopsis : A travers les saisons, de l’Arctique glaciale à l’Antarctique hivernale, en passant par le luxuriant Equateur, les dernières technologies en matière de prise de vue n’auront de cesse de suivre le périple de notre planète bleue, à travers différentes formes de vies animalières et végétales, palpitantes et naturelles.



Avis : Difficilement concevable de s’atteler à payer le prix exorbitant des places de cinéma actuelles, pour se tenter à aller voir un énième dérivé des frasques animales qui couvrent lourdement notre planète.
Dans un (heureux) doute persistant, c’est avec errance et nonchalance que le générique s’ouvrait devant moi.
Le premier constat est avant tout auditif. La voix d’Anggun sonne agréablement, son accent offrant à l’image une certaine forme de séduction qui semble la sublimer quelque peu. Néanmoins, on regrettera le manque de spontanéité évident de la chanteuse, ayant tendance à mâcher une morale déjà étouffante – et l’on y reviendra – toute au long du film.
Toujours du coté sonore, on est rapidement rattrapée par l’extraordinaire qualité de la bande originale du film. Si l’on savait à l’origine qu’ « Un jour sur terre » était la première production s’étant offerte les moyens de la célèbre institution du Berliner Philarmoniker à Berlin, on en redeviendrait presque juvénile et naïf devant la pureté cristalline de la composition magistrale de George Fenton. Si le générique final vient un tant soit peu casser le rythme classique de cette dernière, on ne pourra qu’applaudir la performance acoustique de la teneur global du travail sonore qui a été promulgué, et c’est avant tout, en tout et pour tout, un véritable plaisir pour les oreilles.
Vient ensuite l’image, et là, sans passer par quatre chemins et un frigo en port USB, on se retrouve très rapidement en face d’une véritable orgie visuelle, apothéose de ce qui se fait de mieux en capture d’images hautes définitions du genre. Jamais les poursuites sauvages d’antilopes, les longs périples baleiniers ou la chasse hallucinante du grand et terrifiant Requin Blanc n’auront paru aussi magnifique à l’écran. Capable de filmer à raison de 2 000 images par seconde, et pouvant ralentir une image jusqu'à 40 fois (Soit une action de quatre secondes étirée jusqu'à cinq minutes), la nouvelle technologie filmique fait des merveilles en se déroulant.
Chaque plan est sans conteste superbe, si bien que l’on ne regarde à aucun moment le temps passé, si ce n’est celui des saisons qui défilent à l’écran, laissant percevoir une végétation évolutive insoupçonnée jusque là. Petit bémol sur les choix des différents natifs, on regrettera parfois le temps passé sur certaines espèces désespérément déjà vues, tandis que d’autres seront simplement citées en acte de bonne foi (Cf. Le Lynx).
Et c’est alors qu’intervient l’objectif du film, agressif, qui viendra lui injecter un uppercut entre deux plans d’ours polaires mourants, à savoir la morale prétentieuse et mélodramatique de l’œuvre, de l’impact de l’Homme sur mère nature. Retirant une gigantesque marge de sa superbe, le film cherche à éloigner tous nos préjugés, tant bien qu’alors, il déclarait tristement au début, que nous étions les seuls êtres vivants de notre univers.
Cette fermeture malencontreuse d’esprit, viendra systématiquement rappelée le spectateur, à travers des impacts réguliers, par une voix off accentuée, qui n’y croit pas une seconde (Et par voie inaliénable de conséquence, nous non plus). Les méfaits de l’homme viendront accentuer la chute douloureuse de certaines espèces animalières, c’est indéniable. Le réchauffement climatique y fait de nombreux méfaits, c’est un fait.
Mais pourquoi laisser mourir de faim – en tout cas à l’écran – un ours polaire, ou se laisser perdre dans la savane un éléphanteau – toujours à l’écran – desservant violemment l’idéologie même du film.
Pourquoi ne pas émettre de critique sur la manière humaine de vivre directement, et de décrire plus vivement nos différends qui vont amener à cette catastrophe. Choix artistique, scénaristique, tant est que l’on puisse en parler ainsi, on comprend mal alors la visée du film, et son public demandé, tant il existe une inadéquation constante entre ce qui aurait du être, et ce qui se dévoile sous nos yeux.

Véritable sublimation du documentaire animalier sous toutes ses formes de part les captures en haute définition et d’une bande originale claire et vivante, « Un Jour sur Terre » n’y aura d’autres égales que son agaçante persistance à prôner les méfaits du réchauffement climatique sur la nature d’une manière décalée – parfois incompréhensible – dégradant la superbe du film, que l’on aurait pu espérer, à très juste titre, devenir le plus grand documentaire animalier jamais filmé à l’heure actuelle.

Intérêt global du film : 3,75/5

écrit par Nunya

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