The Return
Un film français de Asif Kapadia avec Sarah Michelle Gellar, Sam Shepard, Peter O'Brien
Genre : Thriller/Fantastique - Durée : 1H25 mn
Sortie le
26 Décembre 2007.
« Il y a tellement de pression sur chacun d'entre nous aujourd'hui […] pour faire ces films et en faire autant que possible parce qu'il y a ce sentiment qui fait qu'un jour le téléphone s'arrêtera de sonner. Les gens nous rappellent constamment que les propositions arrivent aussi vite qu'elles peuvent partir. Et je pense qu'il y a une sorte de paranoïa, ce besoin de travail constant. ».
On connaissait en effet la propension de Sarah Michelle Gellar à accepter une multitude de projet, depuis la fin du rôle dont elle a acquis sa notoriété, au sein de la série teen-vampiresque Buffy contre les vampires, devenant ainsi l’idole de millions d’adolescents frustrés à travers le globe.
L'engouement international provoqué par ce feuilleton a amené en effet l'actrice à interpréter des films destinés à un public adolescent, passant des risibles productions d’épouvante (The Grudge, Souviens toi l’été dernier), à la romance de base étage (Simplement irrésistible), avant d’enchaîner le très moyen Sexe Intentions (Reprise pour teenagers assoiffés des « Liaisons dangereuses ») et le navesque Scooby Doo (1 et 2, s’il vous plaît).
C’est donc avec une certaine surprise que l’on retrouve l’ancienne Buffy Summers, au sein d’une production quasi-indépendante, réalisée par le jeune Asif Kapadia (The Warrior), dont les frasques du thème et du déroulement semblent bien éloignées des habituelles productions plates et boutonneusement décérébrées de l’actrice, en manque de rôle. Mais néanmoins, ne vous détrompez pas, préparez vous, navet en vu.
Synopsis : Obsédée par des visions terrifiantes où elle revit sans cesse la mort d’une jeune femme, Joanna Mills décide de retourner dans sa ville natale, La Salle, au Texas, se laissant guider par ses tourments, afin de découvrir la vérité sur un meurtre commis 15 ans plus tôt, alors qu’elle était encore enfant.
Avis : Avant tous regards du film, force est de constater qu’on connaissait déjà le jeu très limité de Sarah Michelle Gellar, notamment par son interprétation fantastiquement agaçante de la jeune tueuse de vampire.
On ne comptait donc pas sur sa nouvelle interprétation – qui pourtant lui colle à la peau – d’une femme à coté de la plaque, sans une once de sentiments, dont la léthargie n’a d’égale que sa capacité à ennuyer le spectateur au moindre regard.
Une chose est certaine, l’on avait bien fait. L’actrice, en effet, une fois de plus, restera aussi transparente que le film lui-même, à tel point que l’on fini par se demander s’il ne nous restait pas quelque chose d’autres à faire, après une vingtaine de minutes de visionnage. On ne sortira du lot ni le stéréotype affolant fourni par Peter O’Brien, ni le trop peu présent Sam Shepard.
Particulièrement soucieux d’une continuité dans l’incompétence dont il semble faire assidument preuve ici bas, le réalisateur amusé nous offre un scénario particulièrement rebutant et profondément déjà vu, d’une rare incontinence. En effet, les quelques (nombreuses) informations disséminées au fur et à mesure du gavant périple viendront vous arracher très rapidement la fin avant l’heure. On offrirait même une palme sans précédent à la découverte de l’arme du meurtre, du jamais vu dans le sympathiquement n’importe quoi gargarisant.
Et ce n’est pas par la réalisation, ou la mise en scène immémoriale du film, que ce dernier sera sauvé. En effet, dans sa volonté de créer le plus vite possible une ambiance inquiétante, les clichés s’enfilent rapidement, et on assiste alors, scotché, à une succession de scènes, toutes plus inutiles les unes que les autres. On y retrouve alors, dans un effort faussement masqué, les grosses ficelles du genre, et on se pose finalement devant un énième thriller surnaturel à budget (et acteurs), réduits.
Attention, à ne pas se méprendre, le film n’a à aucuns moments la prétention (On l’espère), de passer pour un film horrifique. On ne sursaute jamais, on attend souvent, et finalement ce trop gros sérieux vient amputer le film d’une crédibilité qui aurait été de mise pour ce genre de mise en scène.
L’ambiance elle-même n’est pas en reste, puisque la bande son ultra répétitive viendrait presque à pousser l’auditeur abasourdi à couper le son de sa platine DVD (ou à défaut de quitter la salle, avant de mourir de rire).
Seul point fort de la présente production, le traitement granuleux de l’image ajoute un certain cachet à l’œuvre. Sans sombrer dans le Silenthillisme, on remarque parfois une image volontairement crade, démarquant quelque peu le film de ses clones prédécesseurs.
Empli de clichés, risible, perte de temps pour certains, pitoyable, navrant, soubrettifiant pour d’autres, entre tourments psychologiques et réminiscences paranormales, le faux neuf The Return se perd aisément dans un nouveau thriller fantastique bas de gamme, qui ne se rattrapera, ni par son scénario vide, ni par les retournements de situation jubilatoirement prévisibles, ni par les prestations de Gellar et O’Brien, qui au comble de l’horrifique, viendront vous faire regretter le temps du scooby gang et autres facéties du manquant Joss Whedon.
Intérêt global du film : 0,75/5