PORTAIL 
» Die Hard 4 : Retour en enfer
Die Hard 4 : Retour en enfer

Un film américain de Len Wiseman avec Bruce Willis, Justin Long, Timothy Olyphant.

Genre : Action - Durée : 2H20 mn

Sortie le 4 Juillet 2007.

Après 12 ans d'attente, John McClane est de retour pour la quatrième fois au cinéma dans la saga Die Hard. Une saga initiée en 1988 avec Piège de cristal, suivie deux ans plus tard de 58 minutes pour vivre pour se finir lors d'Une journée en enfer en 1995. Après deux volets réalisés par John McTiernan et un autre par Renny Harlin, c'est au tour de Len Wiseman (Underworld 1 et 2) de prendre les rennes de la franchise.
Die Hard suit donc la mouvance américaine actuelle de la rénovation des franchises pot-au-feu, soutenu par les différents Batman Begins, Superman Returns ou encore le très attendu Indiana Jones 4.
Bruce Willis réembarque donc pour une nouvelle mouture son costume troué et ensanglanté du bon flic à la vanne qui claque et à la destruction dans les gènes. Comme lui, son personnage a forcément vieilli.
L'acteur s'explique : "C'est un film DIE HARD, ce qui implique que McClane en voit de toutes les couleurs. Je voulais que cette fois encore, McClane puisse affronter n'importe quelle situation, et j'ai donc suivi un entraînement spécial pendant plusieurs mois avant le début du tournage. McClane est plus âgé ? tout comme moi ! ? et cela faisait partie de ce qui était amusant dans mes retrouvailles avec ce personnage. Mais j'ai aussi réalisé qu'il y avait du bon dans le fait de prendre de l'âge : on fait davantage attention aux choses, et on acquiert une certaine sagesse."
Ce sont donc avec ces deux appréhensions, à travers un réalisateur plus que douteux et un Bruce vieillissant, qu’il fallait oser mettre les pieds dans les salles feutrées pour espérer inaugurer un nouveau « choc » Die Hard.

Si cette fois-ci, le grand bad guy high-tech est un génie de l’informatique qui pirate le réseau de communication, d'énergie et de transport des Etats-Unis, plongeant le pays dans le chaos, on pouvait davantage craindre de l’efficacité réactualisée de McLane, notamment compte tenu des franchises télévisées découlant de ce standard des films d’actions américains (Cf. 24).
Mais au bout de 2h20, le constat se fait clair et précis, la mythologie maximaliste de la franchise n’a pas perdu de son charme, et McLane reste le même.
"Yipee-Ki-Yay" !



Synopsis : Washington. Une dangereuse organisation terroriste spécialisée dans le piratage informatique s’attaque au réseau d’information national, contrôlant alors tous transports, communications et énergies des Etats Unis, ayant pour dessein, la destruction en trois jours de toutes ces infrastructures, plongeant alors le pays dans un chaos le plus total. Le leader de cette organisation est un génie informatique, mais davantage un fin stratège, qui avait prévu la totalité des réactions militaires, économiques, sociales et politiques, via des plans soignés et soigneux.
C’était sans compter sur l’intrusion d’un individu, John McLane, toujours au mauvais endroit au mauvais moment, qui connaît déjà quelques ficelles pour lutter contre le terrorisme…



Avis : On finissait par se languir de l’attente d’un quatrième opus de l’ancienne – et désormais dépoussiérée – saga Die Hard. Exit désormais la cultissime trilogie pour s’offrir une nouvelle corde, qui manquait à l’arc de McLane, grand inspirateur de son célèbre disciple, Jack Bauer.
Autant rentrer directement dans le vif du sujet, si vous étiez là pour espérer loucher devant un triller passionnant ou espérer revoir une performance de l’acteur en titre voyant des morts, il est temps de commencer à regarder d’une part votre ticket de cinéma (et indument la véritable salle indiquée), et d’autre part de vous informer un tant soit peu sur l’ancienne trilogie. Ici, on retrouve, pour notre plus grand plaisir, du pur concentré de ce qui se faisait de mieux dans la franchise, et plus généralement dans la globalité des films d’actions actuels.
Authentique Die Hard par excellence, John McLane se retrouve en phase avec de nombreux éléments clichés mais tellement bon dans ce plus pur cinéma pop corn, entre hélicoptères immobiles, hackers underground rebelles frustrés de l’information, un policier has been qui ne sait pas cliquer sur une souris, un méchant abusé qui n'a pour unique but que de tout détruire, une belle jeune fille lourdingue, une asiatique qui sait faire du Kung Fu, un hamster assouplissant, des hectolitres de sang, des milliers de balles perdues (et parfois retrouvées), du FBI (En mode fond d’écran), des ordinateurs qui se font e-bombés, de l'explosion, et du Kebab tout chaud.
Jetez votre esprit profondément réaliste et cartésien à la poubelle, et passez outre l’invraisemblance marquée de certaines scènes, sous peine de ne pas tenir le choc du déluge de la scène finale.
Et c’est d’ailleurs le premier point faible de ce nouvel épisode de Die Hard. Si la globalité tient succulemment la route, on regrettera parfois la maigreur du budget et le radinisme marqué de certains effets spéciaux, appuyant, parfois, une abusive linéarité, qui pourrait s’étendre, pour certains réfractaires, un peu trop longuement devant la durée importante (mais parfaitement remplie) du film, via ses 140 minutes.
On retrouve ainsi aux commandes de ce nouveau film un Len Wiseman méconnaissable, chaleureusement ambitieux, qui semblait ne demander qu’à être au commande de l’icône du cinéma d’action, à travers une caméra portée (Peut être trop souvent) à l’épaule, pouvant parfois rendre illisible quelques scènes d’actions, mais au prix de certains plans puissamment judicieux.
On en avait fini avec la fratrie Kruger des épisodes précédents, et c’est donc avec une nouvelle (légère) pointe de déception que l’on accueille, tant bien que mal, Timothy Oliphant dans le rôle du Némésis habituel, habillé en terroriste nouvelle génération, informatisée. Même si crédible dans un rôle de pariât du gouvernement, on finit néanmoins par se lasser rapidement d’un charisme qui manque cruellement à l’appel, bien que bellement accompagné par la beauté toujours évidente de Maggie Q, et par les capacités motrices à proprement dites hallucinantes de Cyril Raffaelli.
Compagnon d’infortune de McLane, le jeune Justin Long semble de même un peu en deçà de l’extraordinaire tandem d’autrefois, auquel venait se greffer dans le troisième épisode, l’excellent Samuel L. Jackson.
Mais malgré cela, il y a des choses contre lesquelles on ne peut fort heureusement rien. Bruce Willis ne semble jamais avoir quitté d’une semelle son effigie culte, et les mots cassants et autres vannes percutantes – particulièrement nombreuses dans cette mouture de la saga – viendront faire mouche à chaque fois. L’acteur reprend son rôle à la perfection, même si l’on remarquera, sans vraiment être chamboulé, qu’une fois vieillissant, le policier McLane ressort de l’épisode en meilleur forme que l’épave ensanglantée qu’il formulait dans le reste de la franchise. Sous tension perpétuelle, le scénario, bien que classique, permet de joindre habillement le caractère totalement dépassé de McLane face à l’ère de l’informatique, provoquant sans peine quelques rires (ou sourires) bien senties. Forcément orienté buddy movie, on passe alors un agréable moment en compagnie de John McLane et sa prestance, toujours fabuleuse, sur écran géant.
Ce n’est pas crédible, c’est parfois trop juste, mais McLane ne change désormais plus, on rit, on exulte, on se fait plaisir, et c’est sans aucun doute un objectif parfaitement rempli par ce blockbuster estival.
On en redemanderait presque.

Intérêt global du film : 3,75/5

écrit par Nunya

© Network Shonen - 2007/2008 - Design by sabakukyuu