Blockbuster incontestable de la X360, référence graphique sur console nouvelle génération, même 2 ans après sa sortie, Gears Of War est l'un des gros - mais alors gros - jeu de la 360. Presque une "mascotte", tellement, malgré sa sortie sur PC, il est désormais lié dans le coeur des joueurs à la 360.
La recette du succès ? Des muscles, des armures de 3 tonnes, des gueules bien carrés à l'américaine, du sang qui gicle à flot, des grosses armes et des aliens méchants (pléonasme). Tout un tas de clichés vus et revus, fruit de l'imaginaire limité américain standard de ces dernières années. Et pourtant, ça marche du tonnerre.
Je suis prêt à péter des dents !
Risible. Tel est le premier mot qui vient à l'esprit du scénario de Gears of War. N'y allons pas par 4 chemins, tout n'est que prétexte à défourailler du monstres à la chaîne. Pour étaler quand même un peu la sauce, Gears of War, c'est l'histoire de l'équipe Delta, constitué principalement de Marcus Phoenix et de Dominique Santiago, envoyée sur place pour mettre fin à la menace "Locuste", les aliens locaux de la planète "Sera", aliens habitant cette fois-ci sous terre, pour faire original.
Voilà, c'est tout. Et c'est pourtant ce qui fait son charme... C'est simple, Gears of War baigne dans une ambiance très "série B", voir même Z en fouillant un peu. Des gros bras, des gros monstres, de la bravoure et quelques morts héroïques, tels sont les ingrédients de ce gros shoot américain bien gras. On n'oubliera pas les dialogues presque savoureux que nous balancent nos héros en cours de jeu, tellement décalé avec l'action qu'ils en deviennent culte, surtout grâce à l'excellente version française. Ici, pas de rôle "sérieux", ni très inspiré. Juste du gros second degré, de l'humour bien gras comme on les aime. Rien que pour entendre une brute imiter une voix de fillette pour se foutre de la gueule d'un de ses camarades, la VF vaut le coup d'être entendu. Un coté série B complètement assumé donc, renforcé ainsi par la mise en scène relativement basique. Pas forcément très spectaculaire et surtout très prévisible, Gears of War insiste et fait dans le cliché jusqu'au bout, et c'est finalement ce qu'on demande pour ce genre de production... Dire qu'une trilogie est prévue, on risque de bien se marrer par la suite à ce niveau là.
Sortez couvert !
Jouissif. Voilà comment on peut décrire le gameplay. Pourtant simple et sans originalité, Gears of War puise dans de multiples inspirations comme Splinter Cell (et pas Resident Evil 4, merci) pour la caméra à l'épaule quand on passe en visée manuelle, ou même Kill. Switch pour son système assez poussé de couverture sur la plupart des éléments du décor. Ce système, parlons en d'ailleurs.
D'une simple pression sur A, votre personnage sera capable de se coller, de manière la plus naturelle possible, sur le décor afin de se planquer et ainsi de se protéger des tirs ennemis. Un système simple, mais terriblement utile et efficace. Généralement, le level design, malgré le coté très linéaire du jeu, est tout juste excellent. Tout est très bien pensé pour que le joueur exploite bien le décor environnant et évite de justesse la pluie de coup de feu des Locustes. On notera en plus la possibilité de changer rapidement de planque lorsqu'on est au bord de celle ci: un icône s'affichera alors à l'écran indiquant les possibilités de changer de couvertures selon l'inclinaison du stick gauche. Vers le haut, cela permettre de se "décoller" du mur auquel on est adossé et partir directement en ligne droite. Vers la droite ou la gauche, si un autre obstacle se trouve un peu plus loin, on pourra effectuer un mouvement permettant d'aller directement vers cet obstacle et s'y coller automatiquement. Deux mouvements très simples en apparence, mais qui apporte une grande fluidité aux déplacements de vos grosses brutes. Associés au possibilité de tirer à l'aveuglette, ou bien de sortir rapidement de sa planque pour viser manuellement et se replanquer aussitôt, on obtiens un jeu pas forcément très innovant, mais qui fait les choses en bien, très bien même.
Pourtant, on ne le répétera jamais assez, Gears of War n'a rien d'original. Pour les phases de tirs, pas de révolution, ni même d'évolution, on fait dans le classique bête et méchant. Des niveaux linéaires, où on passera 90% de son temps le doigt sur la gâchette de tir, le jeu applique la formule de n'importe quel jeu d'action moderne. Ne vous attendez pas à une localisation poussée des dégâts ni à aucun réalisme dans les déplacements. Les seuls et rares originalités viendront des armes.
On commence déjà par la fameuse mitraillette, un classique indémodable, arme parfaite pour la plupart des situations, qui malgré tout, tire son épingle du jeu avec la désormais culte tronçonneuse intégrée. Quoi de plus jouissif que de foncer sur l'ennemi en panique avec sa tronçonneuse et le voir couper en 2 sous un flot de sang du plus bel effet ? En restant simplement appuyé sur la touche permettant d'effectuer un coup de crosse, la tronçonneuse s'active, avec son bruit bien caractéristique, prête à trancher du Locuste. Il suffira alors d'aller sur l'ennemi et d'utiliser cette fonction en appuyant sur la gâchette de tir. Puissante, efficace et radicale, cette arme n'est pourtant pas ultime, puisque qu'il est facile de mettre à terre une personne qui perdra quand même un précieux temps en activant d'abord son arme et qui foncera sur l'ennemi...
Gears of War se démarque aussi par de petits détails insignifiants, mais parfois bien pratique. Ainsi, quand on voudra viser manuellement avec les grenades ou l'arc futuriste du jeu, on verra d'office la trajectoire qu'elles suivront en restant appuyer le plus longtemps sur la gâchette de tir. Bien pratique quand on est accroupi derrière un muret pour bombarder de grenades avec précision... Dernière originalité, et tout aussi anecdotique à première vue, les rechargement "spéciaux". Pour faire simple, une fois le chargeur vide, je vous apprends rien, il faut recharger. C'est alors qu'il faudra quand même effectuer une petite manipulation pour recharger le plus rapidement possible. En gros, en dessous de l'icône de votre arme, est représentée une barre où défilera un petit curseur de gauche à droite, qu'il faudra arrêter au bon moment en appuyant sur RB, dans une petite zone blanche, pour effectuer un rechargement parfait, et profiter momentanément de balles plus performantes, dévastatrices pour certaines armes (le fusil Sniper en est l’exemple le plus criant). Si la manip’ foire, votre arme s’enraye quelques secondes et met bien plus de temps à se recharger. On peut très bien laisser défiler le curseur sans appuyer, mais là aussi vous perdrez du temps inutilement, et dans la fureur des combats, ça peut être fatale.
Malgré tout, malgré sa certaine efficacité, le gameplay de Gears of War montre vite ses limites. On parcourt les niveaux en tuant tout sur notre passage, toujours de la même façon, plus ou moins répétitive. On appréciera quand même l’effort d’Epic de varier un peu les situations de jeu, avec des ennemis plus ou moins différents de la normale (il suffit de voir le passage avec les créatures de l‘ombre), ou même le passage en voiture blindée... mais complètement raté. Merci Epic, c’était sympa d’y avoir pensé, mais fallait pas se sentir obligé de nous infliger ça.
Finalement, on comprend, dans un sens, un peu mieux la durée de vie du titre. Même si le jeu n’est pas toujours simple avec un IA adverse pas toujours facile à appréhender, surtout avec une grosse puissance de feu dans leurs mains; les différents actes s’enchaînent quand même bien rapidement. 2/3 soirées suffisent pour plier le premier volume des aventures de Marcus au pays des Locustes. Et en fin de compte, on se dit que ce n’est pas plus mal ainsi. Le gameplay étant limité, il aurait été finalement inutile de prolonger l’aventure plus longtemps, tellement l’ennui nous aurait vite gagné. Court et intense, voilà comment on pourrait définir la campagne solo de Gears of War.
Gears of War(s)
Mais Epic pense (presque) à tout, et n’oublie pas le mode Multijoueurs. Dans un premier temps, la campagne solo pourra être jouée en coopératif, jusqu’à 2 joueurs seulement. Un peu décevant quand par moment, on est avec d’autres coéquipiers contrôlés par l’IA... Mais ne boudons pas notre plaisir, jouer en coopératif est un très grand plaisir et ajoute une bonne dose de fun à cette aventure déjà bien musclée, malgré le fait qu’il n’y ai aucune interaction supplémentaire avec le 2ème joueur, si ce n’est la possibilité d’être « ressuscité » par son collègue de boucherie.
Jouable aussi bien en local qu’en ligne, le mode coopératif ne souffre d’aucun problème majeur, si ce n’est quelques très légers ralentissements, mais rien d’alarmant. Jouable aussi jusqu’à 8 online, le mode « combat » sait se montrer convaincant et prolongera, pour ceux qui accrochent, facilement la durée de vie. La encore, pas de grosse originalité, mais une efficacité et une finition exemplaire.
Des modes classiques (DeathMatch en équipe, Élimination, Annexion (prise d‘une zone pendant un certain temps)), mais qui, accompagné d’un level design toujours aussi bien pensé, feront le bonheur des mordus de Frag en tout genre. Et c’est d’ailleurs dans de tels modes de jeu que le gameplay se montre vraiment au point. Étant donné que cette fois ci, on affronte de vrais joueurs et pas une vulgaire IA scriptée, le système de couverture prend tout son sens, surtout en équipe. Progresser dans de petites maps bien foutues, mais toujours à couvert, avec des alliés près de soi en cas de combats rapprochés est parfois grisant, jouissif, surtout quand on connaît bien son équipe. Et c’est un peu ça le problème majeur du Online. Avec la mentalité de certains joueurs, le déséquilibre de certaines armes et l’exploitation des bugs par des joueurs soucieux de gagner à tout prix, il est fortement recommandé de jouer entre amis pour profiter pleinement du jeu, surtout actuellement. Un point regrettable, mais c’est l’inévitable rançon du succès...
On appréciera quand même la possibilité de jouer à 2 en écran partagé ET Online, petit plus toujours aussi sympathique, surtout à l’heure de cette génération qui privilégie le Online aux plaisir du multi en local. Bon, ça n’empêche pas de regretter un multi en écran partagé en 4 avec bots pour compléter, mais bon, on fait avec...
American beauty
Mais Gears of War ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui, c’est à dire culte, sans cette monumentale (pour se remettre dans le contexte de l’époque) claque graphique. Pour ainsi dire, sur 360, c’est tout juste le jeu le plus beau qui soit sorti. Et oui, même 2 ans après, peu de jeu arrive à faire aussi bien. Alors bien sur, on pourra toujours critiquer quelques éléments de ci de là, l’esthétique très « américaine » mais qui correspond bien à l’esprit complètement cliché du jeu, et surtout, on pourra lui reprocher cette une légère surabondance de tons grisâtres, très sombres qui finissent quelques peu par lasser au bout de quelque heures. C’est pas qu’on aurait aimé un univers coloré, limite fluo à la Mario, mais quand même, un peu de couleur n’aurait pas fait de mal, malgré l’ambiance glauque et violente...
Mais le travail sur les textures des personnages, des décors; les effets de flou sans excès, de pluies, les gerbes de sang et j’en passe; est juste exceptionnel pour un jeu de cette trempe. Cela faisait longtemps que l’on s’était pas pris une claque graphique sur console, et Gears of War arrive à point, sur cette génération HD.
De plus, la fluidité est parfaite en solo (On remerciera Epic d‘avoir réclamé 512mo de RAM avant que la console sorte), ça ramouille un petit peu en coop à 2 sur la même TV, et c’est parfaitement fluide en multi Online. Un vrai tour de force, qui démontre la grande qualité du moteur graphique désormais standard, l’Unreal Engine 3; même s’il est étonnant de voir que peu de jeux n’arrivent à la cheville de Gears Of War...
Graphisme: 17/20
- Magnifique, impressionnant... pas très original, voilà comment on peut définir la patte graphique de Gears of War. Epic donne une véritable leçon de savoir faire avec son propre moteur 3D et reste invaincu encore aujourd’hui.
Jouabilité: 16/20
- Simple, mais tellement accessible pour tout Gamers qui se respectent, elle en devient rapidement jouissive, tellement il est facile de se couvrir et d’enchaîner les frags à la pelle. Ceci dit, on pourra toujours protester contre le manque d’innovation, rendant cette jouabilité parfois limité, et n’apportant rien de plus au genre, puisque se contentant de reprendre des formules déjà existantes. Mais au moins, il le fait bien.
Durée de vie: 15/20
- Pas spécialement longue en solo, on y reviendra pourtant avec grand plaisir en Coopératif aussi bien en local qu’en ligne, ainsi qu’avec les combats Online, toujours aussi prenant et réussi 2 ans après la sortie du jeu, malgré quelques défauts et une mentalité de certains joueurs qui gâchent le plaisir de jeu.
Bande-son: 15/20
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This is Epic. Classique jusqu’à la moelle, Gears of War offre une bande-son très convenue, mais très réussie. Des thèmes épiques qui accompagnent parfaitement les différentes situations du jeu, des bruitages qui retranscrivent bien la brutalité de l‘action, la bande son fait son boulot à la perfection. Certains critiqueront la version française du doublage, parfois à raison, mais elle ajoute pourtant un charme indéniable au jeu.
Les + :
- Graphiquement sublime
- Gameplay sans originalité, mais vraiment bien foutu
- Un solo bien rythmé
- Coopératif vraiment fun
- Multijoueurs excellent
- La VF, parfaitement dans le ton, avec des répliques cultes
Les - :
- Trop court
- Une IA trop prévisible
- Pas de vrai multi en local
- Trop classique ?
- Trop terne esthétiquement ?
Note finale: 16/20
La X360, au grand dam de ses détracteurs, obtiens pourtant l’un de ses meilleurs jeux, l’un des plus cultes de sa ludothèque. Bien que très classique dans le fond, et cliché dans la forme, Gears of War n’en reste pas moins un titre jouissif à souhait, très prenant autant en solo qu’en multi, et fait figure de véritable vitrine technologique de la console. On aurait aimé un titre encore plus complet et plus varié et peut être moins « américanisé » , mais la sauce prend, et de façon immédiate. Du fun en barre, comme on dit, indéniablement.