Editeur: Ubisoft
Développeur: Ubi Montreal
Type: Action/Aventure
Date de sortie: 15 novembre 2007
Il y a des jeux qui vous marquent indéniablement, souvent même juste pour un élément particulier sorti du contexte, vous fournissant un trip inoubliable à vous et vos amis. Assassin’s creed nous a offert le cultissime moment de « La botte de foin ». Ébat tendre et touchant entre Ashton et Nunya cachés sous un sac de couchage vert, auquel Cloud, Pso et moi avions assistés lors d’un séjour dans un certain appart' parisien…
Mais là n’est pas la question, et à vrai dire, ce qu’ils ont fait, « cela ne nous regarde pas ».
C’est pourquoi je vais en revenir au sujet principal, le test de l’attendu et encensé
Assassin’s creed.
Le jeu vous place dans la peau de Desmond Miles, un civil étrangement enlevé par la société pharmaceutique Altaïr afin d’entrer dans l’Animus. Cette machine permet de vivre la mémoire de vos ancêtres contenue dans votre ADN. Desmond va alors devoir plonger dans la mémoire d’Altaïr (prononcé Alta-ir), son ancêtre membre d’un clan d’assassins, qui vivait au temps des croisades. Il va ainsi vivre cette époque, bien plus réelle et véritable que dans les livres d’histoire, découvrant ainsi les terribles dessins des Templiers et leur légendaire trésor. Le scénario, du point de vue d’Altaïr, vous fera découvrir cette époque de tumulte qu’étaient les croisades, au travers des différents assassinats que vous perpétuerez; alors que Desmond essaiera de déchirer le voile du mensonge et de découvrir le but de ses kidnappeurs.
Le scénario est prenant, regorge de secret qui se distille tel un nectar, à chaque assassinat les révélations de vos proies n’auront de cesse de bouleverser vos certitudes. Chacun défendant ardemment ses positions, persuadées que le mal qu’elles génèrent conduira au bien et à la paix, l’histoire est en cela non manichéenne; le bien et le mal s’entremêle pour ne laisser qu’un duel de point de vue et d’avidité au milieu duquel vous évoluez, cherchant la vérité à chaque pas...

Votre adversaire rend son dernier souffle. et vous déstabilise un peu plus par ses confessions.
Le gameplay du jeu est simple et riche à la fois, et permet une prise en main rapide. Le but du jeu étant de pouvoir assassiner et repasser rapidement à un style discret, les actions de combat ne seront accessibles qu’avec le maintient de R1. Ainsi courir, sauter, grimper à un mur et les boutons d’attaque (arme et choppe) sont dépendant de cette touche. La plupart du temps, vous serez dans le profil dit « passif », ce dernier vous permettant de vous dissimuler en faisant semblant de prier par exemple, d’écarter la foule sans la bousculer, ou de voler; en somme, ce mode assez spartiate dans les possibilités vous permettra de passer inaperçu.
Pour vous aider à connaître votre niveau de discrétion, vous disposer d’un icône en haut à gauche qui vous indique si vous êtes observé de par sa couleur. Si malgré tout ça, vous arrivez à vous faire remarquer par les gardes vous entrez alors en mode « poursuite/combat » . Là, la foule fuit dans les cris et l’affolement alors que tous les gardes à porté se jettent sur vous. Vous avez le choix entre l’affrontement ou la fuite.
Pour combattre, il vous suffit de locker vos adversaires, vous n’avez alors qu’à donner des coups de lame (épée ou dague) avec un certain timing ou vous placer en garde afin de contrer vos adversaire lors de passes d’armes violentes et sanglantes. Si vous choisissez la fuite, il vous suffit alors de courir dans les rues, bousculant les passants, traversant les échoppes, afin de semer les gardes et pouvoir vous cachez dans une botte de foin, dans une pagotte, sur un banc « l’air de rien » , ou au milieu de quelques érudits.
Mais tout cela serait bien fade si vous n’aviez pas la possibilité d’escalader quasiment tout. C’est bien simple, si un mur présente une quelconque aspérité à votre porté, que quelques rondins de bois semblent former un échafaudage, vous pouvez les escalader. Si vous aviez apprécié les acrobaties des « Prince of Persia » (PoP), et bien là c’est encore mieux à ceci prêt que c’est la ville votre terrain de jeu et non les quelques couloirs pré calculés pour l’acrobatie des PoP.

les contres très stylés, mais aussi mortel et sanglant.
Le découpage d’une séquence de jeu est toujours le même: phase histoire avec Desmond, phase d’histoire avec Altaïr où vous apprenez le nom de vos cibles, puis les phases d’assassinat, entrecoupées de quelques scènes scénaristiques. Même si cela semble répétitif, ça reste moins gênant que pour le découpage d’une phase d’assassinat. En effet pour mener à bien votre assassinat, il vous faut mener minimum trois enquêtes avant de pouvoir vous attaquer à votre cible. Ses enquêtes consistent dans la récupération d’info par le vol, l’espionnage, ou apporter votre aide à quelques camarades de votre clan. Fort de ces informations, vous pourrez alors vous jeter sur votre cible, pour laquelle il vous faudra faire les meilleurs choix d’approche afin de parvenir jusqu’à elle sans être remarqué.
Enfin il vous faudra retourner jusqu’à la cachette de votre clan, évitant les gardes alors que sonnent toutes les alarmes de la ville. Vous pourrez pour cela compter sur les différentes cachettes de la ville ou des citoyens complices, que vous aurez préalablement aidés durant la phase d’enquêtes. Si vous êtes un acharné qui aime mettre toutes les chances de son coté, et faire toutes les enquêtes, comptez entre 20 et 25 heures pour boucler le jeu. Si vous vous contentez des trois enquêtes minima, la durée de vie se réduit à une quinzaine d’heures.
Après c’est à vous de voir, surtout qu’avec le temps, un sentiment de lassitude se fait sentir du fait de la grande répétitivité des enquêtes, et de la découpe du jeu. On peut aussi reprocher au jeu une IA un peu légère parfois et extrêmement collante. En effet, ne croyez pas échapper aux gardes en vous éloignant suffisamment, il faut absolument vous cacher. Cela est encore plus flagrant dans les phases de voyages entre les villes. On regrettera aussi la piètre lisibilité de la carte, que vous n’utiliserez finalement pas, vous contentant de marquer les objectifs et d’utiliser le radar en bas à droite de l’écran.

La monté fut longue (et rébarbative au fur et à mesure du jeu) mais quelle vue mes enfants !
Le jeu est vraiment superbe, les graphismes sont riches et fourmillent de détails, chaque ville disposent de sa propre ambiance et de sa personnalité, de par son architecture, les vêtements de ses habitants. Le level design est impressionnant car toutes les façades sont escaladable et agencées pour permettre une progression rapide, fluide et sans temps mort. De plus les points d’observation que vous escaladerez afin de révéler la carte et vos objectifs, vous promettent une vertigineuse ascension. Plus d’une fois vous vous surprendrez à admirer la ville grouillante au dessous de vous, mais si les hauteurs sont magnifiquement travaillées, les profondeurs de la ville ne sont pas en reste.
En effet, ces dernières regorgent de ruelles sombres et étroites, de petits jardins improvisés, qui bénéficient d’effet de lumière pour le moins impressionnant. Les personnages sont très bien modélisés et leurs gestuelles sont tout simplement excellentes. L’animation d’Altaïr, qui parait être un véritable félin lors de ses acrobaties, fait passer le prince de perse pour une marionnette en bois. Enfin, même si Altaïr, ses cibles et autres personnages centraux sont ceux qui bénéficient du plus de détails sur leurs tuniques; le reste des PNJ bénéficient d’un très bon rendu.
L’ambiance sonore du jeu est vraiment magnifique. Lorsque vous vous promenez au milieu des rues, vous êtes abasourdis par la quantité de son qui donne vie à la cité. Du simple brouhaha des passants, aux cries des marchants clamant les mérites de leurs marchandises ou au monologue des prêcheurs de rue. Tout est fait pour que les villes donnent l’impression de véritables petites fourmilières. Évidement le jeu vous poussant à souvent grimper, vous aurez le plaisir d’entendre lentement disparaître les sons de la ville, laissant place au calme des hauteurs uniquement troublé par le chant des oiseaux.
Tous les dialogues ont entièrement été doublés en français, et sont de très bonne facture. On peut noter aussi que les habitants des villes ne se gênent pas pour commenter vos actions (escalade d’un mur, course, meurtre…) même si on finit par en faire le tour, cela renforce un peu plus l’ambiance.
En ce qui concerne les musiques, sortie de quelques thèmes du plus bel effet, elles restent assez discrètes, laissant beaucoup plus de poids aux bruits d’ambiance. Néanmoins elles suivent très bien l’action et viennent donner une énergie supplémentaire aux combats ou aux séquences de poursuites.

Quelques sauts, une mise à mort... la routine...
Mon avis :
Même si le jeu a ses petits défauts, si j’ai vu trop rapidement l’identité de l’adversaire final, même s’il devient quelque peu répétitif et lassant et même s’il y a encore quelques petits défauts; il n’y a pas à dire ce jeu est bon et propose une expérience assez jouissive et plaisante pour peu qu’on y accroche. Pour ce qui est de l’acrobatie, il est clair que les possibilités sont supérieures à celle du prince de perse. Ce dernier gardera quand même pour lui la nervosité et la frénésie de l’action, car et c’est le point qui risque de vous rebuter, le rythme d’ Assassin’s Creed est plutôt lent. Enfin si l’on reste sur notre faim devant la fin, on se consolera en se disant qu’elle est « on ne peut plus ouverte ». Laissant présager, je l’espère, un 2ème opus qui corrigera les défauts du premier.
Points positif :
- La réalisation réussie aussi bien visuelle que sonore.
- Le gameplay excellent, les possibilités d’action.
- Le contexte historique inexploré jusqu’alors.
- Pouvoir tout escalader.
Points négatif :
- L'IA obstinée, parfois « légère »
- La répétitivité du principe de jeu
- La lassitude qui découle du point précédent
- Le rythme de jeu (Si vous êtes du genre à ne pas tenir en place)
Note Finale : 16.5/20