Editeur: 2K Games
Développeur: Starbreeze Studios
Type: FPS/action
Date de sortie: 29 juin 2007
En ce moment, on peut dire que la mode est aux comics dans le domaine de l’adaptation, bien souvent d’abord au cinéma puis en jeu vidéo. Ce qui donne souvent « le jeu pas top du tout », adapté du film…
Pourtant voilà que nous arrive The Darkness, directement adapté du comics de Top Cow, qui pour notre plus grand bonheur ce trouve être un très bon FPS, a qui il manquera peu pour figurer au panthéon des meilleurs, un peu comme Les Chroniques de Riddick en son temps, produit par le même éditeur.
The Darkness nous narre l’histoire de Jackie Estacado, 21 ans, porte flingue pour la mafia, dont l’oncle parrain de cette dernière veut la peau. Alors qu’il se retrouve attaqué de toute part, des voix commencent à raisonner en lui, lui murmurant que l’heure approche et qu’il appartient aux ténèbres. Ces voix ce sont celles du Darkness, entité primaire des ténèbres qui s’incarne dans les membres de la famille Estacado à leur 21ème anniversaire. Jackie va à son tour devenir l’hôte du Darkness et trouver en ce dernier le pouvoir nécessaire à sa survie face à l’ensemble de la mafia de New York. A lire le scénario comme ça, on se dit que ça ne va pas être l’extase, pourtant la sauce prend, l’histoire est très bien mise en scène avec une ambiance vraiment immersive. On se plonge et l’on profite parfaitement de l’ambiance mafia italienne sans trop tomber dans le cliché, et évidement l’ambiance est très ténébreuse… on sent que le jeu ne fait pas dans la dentelle avec des scènes assez dures parfois (Comme par exemple celle de la torture). Pour renforcer l’immersion et aussi masquer les temps de chargement, les éditeurs on placé tout un tas de petites cinématiques où Jackie parle de son état d’esprit actuel, raconte des anecdotes sur sa vie, qui font très tranches de vie et sont une excellente idée, mise à part celle ou il ne dit rien (Mention spéciale à celle sur le taxi et sur comment les gosses jouent avec un métro surtout pour la pointe d’ironie final !)

Le téléphone et le biper son servent à vous amener à la phase scénaristique ou à la mission suivante.
La prise en main est facile et rapide, on a vite fait de cribler de balles ses ennemis ou de les éviscérer à grand coup de tentacule… On retrouve le désormais habituel combo joystick gauche/déplacement, joystick droit/visée, le tout accompagné d’une petite assistance de visée pour pallier à la jouabilité manette des FPS. L2 R2 servent à faire feu de vos deux pistolets (L2 devient le coup de cross lorsqu’il s’agit d’un fusil), à noter que le rechargement des pistolets est très rapide puisque lorsque vous en videz un, vous ne changez pas de chargeur mais de pistolet. Ainsi vous avez de nombreux guns différents et qui change tous le temps, ce qui je trouve est de bonne aloi et correspond bien avec le métier du héros qui se doit d’être polyvalent avec toutes armes disponibles.
Les autre gâchettes, elles, gèrent le darkness, élément majeur du jeu et avec lequel vous prendrez plaisir à tuer ne serais-ce que pour les scènes de boucherie gores qu’il vous offrira. Mais pour cela il vous faudra rester dans l’ombre, car oui, l’entité qui vous habitez ne supporte pas la lumière (En rapport à son nom). Ainsi via une jauge de puissance symbolisée par des marques sur les têtes de vos deux tentacules, vous pourrez utiliser vos différents pouvoir, cela allant du téléguidage d’une de vos tentacule pour tuer furtivement et à grande distance, au transpercement de corps via un autre tentacule (portée plus réduite), cette dernière vous permettant d’ailleurs de soulever un peu tout ce qui vous passe par la tête. Vous disposerez aussi du pouvoir de créer un trou noir (Bien utile pour les passages corsés), de pistolets magiques, et de la capacité d’invoquer des Darklings. Cette dernière capacité vous permet d’invoquer jusqu'à 4 familiers (Si les puits d’invocation sont en nombres suffisants et vous n’avez droit qu’à un de chaque type), divisés en 4 familles. Un pour le corps à corps, un chasseur de lumière (Qui détruira les sources lumineuses pour vous), un armé d’une gatling, et un kamikaze explosif. Il meurt rapidement car fait en carton (pour ainsi dire) mais le mitrailleur et le tueur de lumière trouve être des alliés assez intéressants.

Oh ben zut il est mourru... reste à manger son cœur et laisser le darkling s'acharner sur le cadavre…
Pour ce qui est des graphismes le jeu est franchement beau, mais il est quand même dommage que le moteur ne soit qu’une version boosté de celui des chroniques de Riddick, qui malheureusement accuse un peu le poids des années. Malgré ce petit défaut il reste très impressionnant surtout au niveau des jeux de lumières qui se devaient d’être aux petits oignons, et ils le sont. Tous au long du jeu les effets de lumière vous blufferons, tir d’arme, lampe etc… on notera aussi que les reflets sur la peau ne paraissent pas luisants comme dans certain jeux next gen où cet effet est un peu too much faisant presque de la peau une source de lumière. Autre petit détail, l’animation des visages est un peu simpliste, rapport encore une fois au moteur du jeu. On a même quelque fois l’impression que les lèvres de Jackie ne bougent pas alors qu’il parle. Malgré tout le travail fourni sur les décors rattrape le tout, ces derniers étant plein de petit détails, et illustrant parfaitement l’ambiance du jeu, avec des lieus bien lugubres, souvent immondes, à la limite du gore. Et le gore est très bien réalisé les quelques zombies et cadavres en décompositions que vous croiserez sont « charmants » (Surtout quand ils ne sont qu’un tronc parlant), et vous apprécierez aussi les gerbes de sang que libèrent vos ennemis lorsque vous les empalez sur votre tentacule (En particulier si vous vous acharnez après leur mort) ou encore même lorsque le Darkness se fait un plaisir de dévorer leur cœur laissant un trou béant dans leur poitrine […]. Par contre on regrettera que le moteur ne permette pas la destruction des quelques véhicules que l’on croise, alors qu’ils sont aisément soulevé par le tentacule du Darkness. Même pas une vitre brisée ou les phares alors que vous soulevez l’engin à 5 mètres au dessus du sol et le laissez retomber sur le toit.

Une des séquences vidéo qui masque les temps de chargement assez nombreux.
Niveau son ce n’est que du bonheur, les musiques assez discrètes dans l’ensemble suivent tout de même bien l’action, laissant à la batterie d’effets sonores tout le loisir de s’exprimer. Entre les armes à feu, le métro, les aboiements de chien, les hélicos etc… on est aux anges. Cela renforcé par un doublage anglais de qualité qui donne vraiment du poids au personnage, à noter aussi les quelques commentaires bien funs de vos darklings du genre : « tuons un gauchiste » ou « je veux liquider du communiste ». Dans le même genre vos ennemis, outre les discussions que vous pourrez surprendre lorsque vous n’êtes pas repéré, lancent des « it’s not human » ou autres commentaires à propos de vos aptitudes infernales, malheureusement cela arrivant trop peu souvent alors que vous vous baladez quasiment tous le jeu avec des yeux luisants et des tentacules baveuses qui sortent de votre dos…

le Darkness commente votre progression et les événements qui viennent d'arriver. A noter que les effet jaunes sur les murs viennent de votre pouvoir de nyctalopie (vision nocturne) octroyé par le Darkness.
Pour continuer dans les défauts on notera que l’IA est spartiate, se réduisant à je suis à découvert je vide mon chargeur, et je me planque pour dire que je l’ai fait. On sera déçu de l’énorme inégalité entre les armes soit sans portée, soit sans puissance, et de la suprématie de vos deux pistolets sur toutes les autres. Il est assez aisé de faire l’ensemble du jeu avec les pistolets ne changeant que ponctuellement soit pour les uzis ou les Darkness Gun. Le fait que votre tentacule télécommandée bute si facilement sur un obstacle le plus souvent un cadavre ennemi, et le mouvement de caméra qui accompagne un changement de surface (sol/mur) à la limite du gerbant si il s’enchaine alors que vous passé un rebord ou dans un coin viendront lasser le jour. On sera aussi assez frustré par les inégalités de rythme du jeu, alternant une phase de gunfight intense avec plusieurs phases de métro et d’histoire assez lentes, le tout alourdi par les déplacements relativement lents de Jackie. Vous pourrez aussi vous livrer à quelque quêtes annexes mais qui sont finalement courtes et souvent sans grand intérêts.
En conclusion, The Drakness souffre d’un certain nombre de défaut, dont certains sont je trouve assez inexcusables pour de la « next gen » (IA, animation faciale). Malgré tout, ces points noirs s’effacent devant la réalisation globale du soft et l’ambiance extrêmement bien rendue. Les gunfight ont la pêche, les pouvoirs du Darkness sont jubilatoires pour les plus sadiques d’entre vous. L’histoire sans être exceptionnelle vous portera avec délice tout au long de la quinzaine d’heures de jeu jusqu’à un final jouissif, pour un jeu qui se trouve être une excellente adaptation du comic. Et ça c’est plutôt rare.
Les points positifs :
- Un scénario plaisant servi par une ambiance géniale
- La réalisation en général (Effet de lumière en tête)
- Les pouvoirs octroyés par le Darkness
- L’adaptation réussie du comic
Les points négatifs :
- Le moteur du jeu un peu vieillissant
- L’IA minimum syndical
- Un petit problème de rythme de jeu
Note finale : 16.5/20