SHONEN GAMING 
» Star Ocean 2


Éditeur : Enix
Développeur : Tri-Ace
Type : Jeu de rôle
Sortie Française : Mai 2000

C’est une lourde tache qui m’incombe de tester ici ce jeu. En effet, depuis que je l’ai obtenu il est devenu, et reste encore aujourd’hui, pour moi le meilleur jeu de rôle de tous les temps. Mais ne vous inquiétez pas chers lecteurs, je saurais retenir mes pulsions d’éloge durant la rédaction de ce test dans un soucis d’objectivité, j’en fais le serment !
Pour la petite histoire, sachez que ce jeu est le second épisode de la saga phare du studio Tri-Ace et qu’il comporte à ce jour quatre titres. Contrairement à la série culte de Squaresoft, la bien nommé Final Fantasy, nous avons ici une suite directe du précédent opus. Prenant place 20 ans après les événements de Star Ocean premier du nom, deux scénarios sont au choix avec d’un côté Claude Kenni, fils de Ronixis grand commandant d’un vaisseau de guerre terrien et de l’autre, Rena, jeune fille vivant sur Expel, une planète sous développé.
Si tout semble les opposer, ils devront pourtant s’unir pour combattre une mystérieuse menace qui pourrait entraîner la destruction totale de la planète de Rena. Au cours de leur aventure, ils seront bien entendus amener à rencontrer de nombreuses personnes, souvent ennemis mais parfois alliés.

Un océan d'étoile...


Nous avons donc ici deux aventures distinctes. Si l’ensemble de la trame principale reste similaire il y aura cependant plusieurs passages où notre héros se retrouvera seul, cela nous permettra généralement d’en connaître davantage sur sa personnalité ainsi que sur son passé.
Outre une histoire légèrement différente, le choix du protagoniste principal aura une incidence directe sur les personnes qui seront possible de récupérer au sein de notre équipe. Il est d’ailleurs bon de préciser que le jeu propose en tout et pour tout 12 personnages jouables, il y a cependant simplement 8 places de disponibles dans votre équipe. Tout cela permettra, au final, d’aboutir sur l’une des 86 fins différentes. Un épilogue sera bien entendu influencer par la formation finale de votre groupe mais aussi par les liens qui les unissent. Il est en effet possible d’augmenter les affinités entre les personnages au cours du jeu par le biais de séquence appelé Action Solo.
Vous pourrez déclencher une Action Solo à l’entrée de n’importe quelle ville et cela aura pour effet de disperser votre groupe à l’intérieur de celle-ci, chacun vaquant alors à ses propres occupations. Vous ne contrôlerez donc que votre héros et vous serez libre d’aller discuter avec chaque membre de votre équipe. Ces conversations aboutiront parfois sur une séquence pouvant faire augmenter ou, au contraire, diminuer la relation entre les deux protagonistes.
Si ce système peut sembler au final anecdotique sachez tout de même que lors d’un affrontement deux personnages ayant une bonne affinité combattent côte à côte et que l’un des deux vienne à mourir l’autre sera alors prit d’une colère folle, qui aura pour effet de doubler temporairement sa puissance d’attaque.


Deux héros pour une seule destinée…

Que la force soit avec toi


Sorti au Japon peu de temps après le blockbuster Final Fantasy VII, Star Ocean 2 bénéficie d’un traitement graphique assez proche de son illustre rival. Vous serez donc amener à parcourir des décors fixes en images de synthèse. Si leur traitement peut parfois se révéler inégal on ne peut cependant pas reprocher leur variété. On alterne entre des environnements médiévaux fantastique relativement classique et, plus étonnant, des lieux futuristes renvoyant à des space opéra. Contrairement à une majorité de RPG sorti à la même époque, les personnages sont, ici, de simples sprites 2D, ce choix se révèle judicieux puisque que les protagonistes sont, de cette manière, d’avantage en harmonie avec le décor.
Cependant sur les champs de bataille ainsi que sur la carte du monde c’est bel et bien de la 3D que l’on retrouve. Si d’un côté cette orientation est tout à fait logique, le résultat pour la carte du monde se montre plutôt décevant de par le faible soin apporté à sa réalisation. Pour ce qu’il est des affrontements, pas de problème, la réalisation est efficace, les attaques spéciale et autres magies sont impressionnantes le tout sans ralentissements.
D’un point de vu sonore, le soft est à l’image des décors. Le compositeur Motoï Sakuraba réalise ici une bande son pour le moins hétérogène. Mêlant sonorité et mélodie de tout poil, on se sera surpris par le renouvellement constant de l’ambiance tout en reconnaissant cependant la patte de l’artiste.
Si les musiques sont d’un niveau appréciable, le constat est un peu plus mitigé pour les doublages anglais. Les personnages ne s’expriment qu’en combat par l’intermédiaire du nom de leurs attaques et cris servant à exprimer toute leur rage de vaincre. Si le ton des doubleurs est juste, le choix du casting ne se révèle pas toujours très adéquat.


Voila le genre d’environnement coloré que l’on prendra plaisir à parcourir.

Tout plein de compétences à gérer ! Youpi !


Passons à présent au gros morceau du jeu, c'est-à-dire le gameplay. Dans un premier temps les habitués des RPG japonais ne seront guère déboussoler par l’interface. En effet, on retrouve un menu relativement classique avec la liste d’objets, de compétences, l’équipement, etc…
Lors des phases d’exploration, on évolue bien entendu entre les villages et divers donjons. Rien de bien original, on notera simplement que l’on ne peut acheter en magasin que seulement 20 exemplaires d’un même article ce qui vous obligera à utiliser avec parcimonie vos objets de soin.
Intéressons nous d’avantage aux combats, qui constitue le point le plus important du jeu. Quatre personnages pourront prendre part aux batailles. Au début d’un combat, où le déclenchement se fait aléatoirement, on se retrouve propulser dans une arène en 3D où l’on sera libre de s’y déplacer. Ici pas de tour par tour, tout ce déroule en temps réel, seul la sélection des magies ou des objets à lancer fige le temps. Il est cependant possible de modifier ceci dans les options et donc d’empêcher tout arrêt de l’action ce qui peut sensiblement augmenter la difficulté.
Au cours des joutes on ne contrôle qu’un personnage à la fois, les autres sont gérés par l’ordinateur, on peut malgré tout switcher entre les différents protagonistes de la simple pression d’un bouton. On pourra alterner entre deux types de personnages, les guerriers et les mages. Les premiers devront, la plupart du temps, affronter les adversaires au corps à corps au moyen de deux attaques spéciales que l’on aura sélection au préalable dans le menu principal en dehors des combats. Ces techniques gagneront en efficacité avec leur nombre d’utilisation. Il est donc tout à fait possible qu’une attaque, relativement faible au premier abord, puisse se révéler au final très puissante.
Les mages, quant à eux, pourront lancer différents sorts d’attaques et de défense, ils devront, à la suite d’une incantation, attendre un court laps de temps avant de pratiquer de nouveau la magie. La puissance des attaques sera grandement influencer par les résistances élémentaires des adversaires. Il est donc vital de connaître dans un premier temps les faiblesses de ses opposants et tout particulièrement contre les boss pour espérer provoquer des dommages significatifs.
Si les premiers affrontements se révèlent peu complexe se serait une grosse erreur de s’arrêter à ce premier constat. Les ennemis gagnent rapidement en puissance et pourront décimer en quelques secondes vos protagonistes si vous vous contenter de foncer bêtement dans le tas à l’aide de vos guerriers. On a donc un système relativement dynamique avec très peu de temps mort. Les combats se transforment parfois en véritable feu d’artifice visuel où des milliers de dégâts sont administrés à la seconde. Confus pour un profane mais jouissif et passionnant pour quelqu’un ayant un minimum pratiquer.
Les héros seront récompensés par des points d’expériences, qui, une fois suffisamment accumulés, les feront augmenter de niveau. Cette évolution se traduit par une montée en puissance et le gain d’un certain nombre de points d’aptitude.

Ces points pourront être dépensé à notre gré dans une liste de compétence présente dans le menu principal. Si au début de l’aventure le choix est plutôt restreint on pourra bien vite l’agrandir en achetant de nouvelles aptitudes dans les boutiques correspondantes.
Certaines capacités ont des effets classiques tel que l’augmentation du total du nombre de points de vie mais la plupart sembleront bien plus obscure dans un premier temps.
A quoi peut bien servir d’apprendre à siffler ou bien encore à s’intéresser au coulage de métaux ?
Pris séparément effectivement pas à grand-chose mais une fois les bonnes aptitudes apprises on développera alors la possibilité de créer des objets et de pratiquer tout un tas d’arts.
Les possibilités deviennent rapidement affolantes et pour ne citer que quelques eux sachez que vous pourrez, entre autre, forger les meilleurs équipements du jeu par vos propres moyens, écrire des livres pour enseigner plus rapidement des aptitudes à d’autres personnages ou bien encore jouer des mélodies augmentant votre puissance durant une certaine période.
La réussite de chaque tentative de création sera en plus grandement influencer par les talents naturels de vos avatars. Par exemple un personnage aura bien du mal à cuisiner correctement si il ne dispose pas d’un sens du goût développé.


Claude ne pourra se servir de son arme laser qu’au tout début du jeu.

Alors ? Mieux que Star Wars ?


Il fut difficile pour Star Ocean 2 de tirer son épingle du jeu lors de sa sortie. Final Fantasy VII avait malheureusement fait un peu trop parler de lui pour permettre au titre de Tri Ace de s’imposer. On peut d’ailleurs noter que la sortie européenne n’a été qu’un coup dans l’eau puisque le jeu n’a été édité qu’à 5000 exemplaires en France. Pourtant malgré son échec commercial ce jeu est un véritable bijou. Bouder par le grand public mais montrant ses nombreuses qualités à ceux qui auront la bonne idée de l’essayer, Star Ocean 2 est un grand RPG. Regorgeant de possibilités et disposant d’une réalisation technique suffisamment solide pour ne pas succomber aux affres du temps le jeu n’est cependant pas sans défauts.
Mais ne vous y trompez pas, cet océan d’étoile vous plongera au cœur d’un des meilleurs jeux de rôle de la Playstation.

Les plus :
- Une réalisation qui tient la route
- Des combats jouissifs et dynamiques
- Une difficulté bien dosé mais proposant un bon challenge
- Une bande son de qualité
- Le système de création d’objet énorme

Les moins :
- Une IA capricieuse
- Une carte du monde hideuse
- Le début qui traîne en longueur

Note Finale : 17/20

Attention spoiler :

La vidéo qui suit présente le gameplay des combats du jeu. Cependant les affrontements que l'on peut voir opposent les héros aux antagonistes principaux du jeu.
Si vous ne souhaitez pas connaître leurs visages ne regardez pas cette vidéo



écrit par Ashton

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