Sonic et moi, c'est une grande histoire d'amour. Une histoire d’amour qui a perdurée pendant des années, même après le passage de Sega en éditeur tiers sur les consoles, jadis, adverses. C’est avec craintes et appréhensions que j’attendais un premier Sonic « post-Sonic Adventure 2 » sur une console « non-Sega », redoutant un véritable bâclage et saccage de la license. Fort heureusement, je me suis complètement planté.
Sonic Heroes, ou le plaisir du triolisme animalier
Histoire de se renouveler un peu, Sega décide de varier un peu le gameplay de ce Sonic en regroupant 12 de nos héros par paquet de 3, afin de débouler comme toujours à toute vitesse dans 15 niveaux différents dans la plus pure tradition des Sonic depuis 1991. Chaque groupe est composé d’un membre spécialisé dans le vol (permettant d‘atteindre des endroits inaccessibles en temps normal, et aussi utile pour franchir certains passages purement plate forme), un autre dans la force brute (Pour détruire les différents obstacles et ennemis particulièrement coriaces) et le dernier dans la course pur et dur (Un Sonic, donc...).
Il faudra alors savamment utiliser chacun des 3 personnages au bon moment pour se sortir des multiples situations imposés par le jeu. On pourra même utiliser les 3 personnages en mêmes temps pour franchir certains passages ou compter sur la présence d’une jauge de « furie » pour pimenter le tout, qui se remplira au fur et à mesure que l’on récoltera des anneaux ou que l’on détruira des ennemis, permettant, une fois chargée, de libérer une attaque spéciale - utilisant vos 3 personnages - surpuissante détruisant tous les ennemis au alentours.
Et autant le dire de suite, c’est ce qui fait la force de Sonic Heroes. Bien que peu évident à prendre en main au départ, Sonic Heroes est un réel plaisir, tant la maîtrise du système d’équipe se révèle gratifiante. Enchaîner alors divers loopings avec Sonic, prendre un passage en hauteur avec Tails pour esquiver des tirs ennemis et détruire une armée de Badniks avec la force des poings d’un Knuckles dans des niveaux longs, beau, plaisant à parcourir, est véritablement jouissif.
Le gameplay n’est pas non plus parfaitement au point car certaines actions réagissent/fonctionnent mal (le fameux changement de rail qui nous envois dans le vide, l’attaque autoguidée qui manque de précision ou les attaques avec le membre « Power » de l’équipe qui a tendance à partir dans tout les sens lorsqu’il attaque les ennemis sur une petite plate forme, nous projetant parfois dans le vide...), changer de personnage en pleins feu de l’action n’est pas toujours évident et les problèmes de caméra malheureusement habituels viennent parfois entacher ce beau tableau... mais force est de constater que la progression reste plaisante. De plus, quelques phases un peu plus spéciales viendront ponctuer la progression, comme des courses poursuites effrénées contre d‘immenses obstacles ou des petits passages dans des véhicules un peu particulier permettant de récupérer de nombreux bonus à l‘occasion.
Bref, pour faire simple, le gameplay de Sonic Heroes apporte une petite touche de fraîcheur non négligeable et très plaisante, donnant une nouvelle dimension dans un Sonic 3D, pourtant non sans défaut. Mais Sonic Heroes fait du Sonic « Old School », et il le fait bien.
Mac Fly, nous avons fait un bond de 16 ans dans le temps !
Et ce coté Old School, Sonic Heroes l’assume jusqu’au bout. Là où un Sonic Adventure se perd inlassablement dans les travers d’un mode Adventure complètement inutile servant à gonfler la durée de vie, Sonic Heroes va à l’essentiel. Un peu trop peut être. Ici, pas de monde à explorer inutilement, on enchaîne directement les niveaux sans perte de temps, comme à la grande époque des Sonic 2D, ou même du précédent - et grandiose - Sonic Adventure 2.
4 équipes, 4 points de vue différents sur l’histoire général du jeu, et 4 façons d’aborder les niveaux, tel est le leitmotiv de Sonic Heroes. Globalement, les 3 équipes de bases (C’est à dire la Team Sonic-Dark-Rose) ont des niveaux qui se déroule de la même façon, comme un Sonic des plus classiques. Seul la longueur des niveaux varie d’une équipe à une autre, ainsi que la difficulté. Pour faire simple, la team Rose sera le mode « facile », la team Sonic sera le mode « normal » et logiquement, la team Dark sera le mode « difficile » avec des niveaux plus longs et plus durs, pour un plaisir prolongé. La dernière équipe, la Team Chaotix, composé des fameux Espio, Vector et Charmy Bee, sera quelques peu différentes : au lieu de parcourir simplement le niveau, il faudra alors accomplir divers objectifs, comme récupérer certains objets, personnages, ou finir certains niveaux en un temps limité. Une alternative agréable, qui permet de changer un peu la façon de jouer, puisque qu'il faudra bien utiliser les compétences de cette équipe, plus qu'en temps normal, pour finir certaines missions.

Forcément, on peut regretter le coté répétitif de la chose, puisque tout le monde traversera sensiblement le même niveau. Ce n'est pas entièrement faux, mais la plupart des niveaux sont tellement agréable à parcourir qu'on apprécie justement que chaque équipe y a droit. Old School oblige, Sonic Heroes respecte à la lettre près la charte graphique d'un Sonic. Le fan y retrouvera avec joie le thème de la plage, de la jungle, les paysages industriels, la stratosphère et l'inévitable mais délirant Casino. Si par endroit le level design pêche un peu par sa construction un peu hasardeuse (un peu de vide par ci, des ennemis mal placés par là), et la présence de certains passages peuvent agacer (la fin du niveau de la Jungle, frustrante quand on la découvre pour la première fois...), le plaisir, certes pas immédiat dans l’absolu, puisqu’une certaine maîtrise et connaissance des niveaux, propre à la license, s’imposent; prend véritablement le dessus. Certains niveaux sont véritablement grisant, jouissif, surtout avec cette sensation de maîtrise, lorsqu’on le fini parfaitement en faisant péter les scores avec un Rank A.
Le revers de la médaille de cette sauce Old School, c’est la quasi-absence de scénario. Ok, on est dans un Sonic, mais généralement, le fil conducteur des opus Adventure était tellement bon, super plaisant à suivre, que cette (presque) disparition de scénario se fait cruellement ressentir. Faisant suite à Sonic Adventure 2, on nous balance en pleine histoire sans vraiment comprendre ce qui se passe. Peu de cinématique, cut-scène généralement simpliste, sans véritable développement; il faudra carrément lire
entre les lignes pour rassembler les informations nécessaires pour comprendre le fin fond de l’histoire. Et franchement, c’est parfois bien regrettable, tant le retour d’un des plus grand ennemi de Sonic aurait pu être mis de bien meilleur façon en scène. Il n’empêche cependant pas de profiter du jeu, et certains passages restent très bons, avec des répliques parfois bien senti, et de bonne idées dans le développement du background de la license.
Au chapitre des regrets, pendant qu’on y est, on peut d’ores et déjà signaler la médiocre qualité des stages bonus de Sonic Heroes. Et pourtant, ça partait d’une très bonne idée...
Reprenant, en le réactualisant un peu, le fameux stage bonus ô combien culte de Sonic 2, Sega réussi le tour de force de le foirer sur tout la longueur. Le principe est simple : généralement, votre équipe est dans un énorme tube, fonce toujours à toute vitesse à la poursuite d’une émeraude du Chaos, objet qu’il faudra impérativement récupérer pour débloquer la fin du jeu. Pour tenter de la récupérer, il faudra chopper au passages les nombreux ballons qui ornent ce fameux tube pour augmenter une jauge de « Boost », permettant d’accélérer à sa guise en martelant, sur GC, le bouton B. S’en suit alors un énorme, et terriblement imprécis, bourrinage de B tout au long de la course, tout en dirigeant difficile son personnage. C’est surtout ça le problème de ce stage bonus : en plus du fait que marteler une touche pour accélérer est vraiment lourdingue et usant, bouger facilement dans cet énorme tube révèle presque du miracle. Et pour cause, le personnage part dans tout les sens à la moindre occasion ! On a beau essayer d’avoir une trajectoire droite, on finira au bout de 2 minutes à 90° sur le coté.
Frustrant, ennuyeux, long et répétitif, les stages sont malheureusement un ratage total...
Autre point qui énerve, les combats contre certains boss, tout aussi pénible. Là aussi, ils sont parfois long, difficile et inintéressant à affronter, surtout quand on affronte les autres équipes... Des duels complètements dispensables donc.
Mais pour finir sur un bon point, on pourra compter sur la présence d’un mode 2 joueurs en écran partagé. Construit de la même façon qu’en solo, il faudra alors, généralement, finir le niveau imposé le plus vite possible, avant l’autre équipe, en évitant les obstacles, ennemis, et attaques adverses, tout en récupérant divers bonus permettant de remporter la victoire. S’ajoute à cela quelques variantes aux courses, un mode combat sans intérêt (comme en Solo), et on obtient un multijoueurs pas forcément inoubliable, mais appréciable tout de même.
Graphisme: 15/20
- Des niveaux vastes, détaillés, un frame rate constant, un univers qui sent bon la vieille et bonne époque; Sonic Heroes est une réussite ! On aurait aimé plus de niveaux, plus de variété mais ne boudons pas notre plaisir, l’esprit Old School est bel et bien là, c’est ce qui fait sa plus grande force.
Jouabilité: 14/20
- Une base connue de tous, de nouvelles idées bien senties, Sonic Heroes s’en sort avec les honneurs. On regrettera un système de jeu pas toujours au point, des problèmes de caméra toujours présent et divers bug de ci de là.
Durée de vie: 14/20
- Bien moins consistante que Sonic Adventure 2, le challenge proposé par Sonic Heroes reste tout à fait acceptable malgré tout, avec 120 emblèmes et 120 Rank A plus ou moins difficiles à récupérer.
Bande-son: 14/20
- Mise à part quelques musiques un peu redonnant à la longue et moins inspirées que d'autres, la bande son contribue énormément au coté Old School du titre, lui donnant toute sa saveur. Si les styles de musiques qui ne plairont pas à tous (Rock, techno, électro et autres musiques rentrant dans le « délire » Old School) mais qui reste profondément dans l'esprit Sonic. Et rien que le thème final en est la parfaite représentation.
Les + :
- L’ambiance Old School
- Le principe des équipes à 3
- La longueur des niveaux
- Les musiques
- Pas de Chao à élever !
- Bonne durée de vie, avec du challenge
Les - :
- Scénario trop absent
- Des bugs, par ci, par là...
- Certains boss, pénibles
- Le stage bonus
- La caméra, encore...
Note finale: 15/20
Sega persiste et signe, Sonic Heroes est la digne suite de la célèbre saga. Peut être pas aussi abouti qu’un Sonic Adventure 2, mais il n’a pas à rougir devant le très perfectible Sonic Adventure. Et n’en déplaise à certains, Sonic garde toujours son charme légendaire et son efficacité, malgré le nouveau statut de Sega.